Ai (19)


 Ai lu l'Art à l'état gazeux de Yves Michaud. Théorie de la disparition de l'art comme objet spirituel (de son aura d'expérience quasi religieuse) et de l'apparition d'une esthétique généralisée, diffusée, vaporisée partout. L'auteur constate et ne déplore point. Il écrit en 2003 ou 2004 quand on ne réalisait pas encore complètement l'étendue de la catastrophe qui nous pendait au nez. Y est décrit  cette résignation politique et cette surexcitation consumériste et ironique post-koons/hirst/consorts dans laquelle j'ai grandi et que je ne supporte plus. L'art de la parure, du marqueur de soi. Sans contenu ni récit qui dépasserait le simple positionnement personnel dans le chaos des choses. Sans futur (et celui ci, on ne le répétera jamais assez, n'a rien à voir avec l'avancée technologique), sans promesse autre que celle d'un peu mieux accepter le quotidien. L'art dont on ne veut plus (mais qui est "on" ?).