Ai (30)


 Ai lu Testo Junkie de Paul B. Preciado. Le récit d'une femme qui prend de la testosterone comme une dope permettant une sorte de fabrication d'instablilité du genre, de désennstialisation sexuelle etc...  et la théorie qui va avec ce "hachakge" d'un produit pharmaceutique. Bon j'ai pas aimé et arrêté à la page 70. j'ai trouvé ça arrogant, manifeste de liberté érotico-sexuelle ou non, fluidité ou non, pseudo hackage de produits des big pharma ou non - j'ai aussi trouvé cela bien en amitié avec la technologie sans aucun questionnement du système qui la permet etc. j'ai trouvé ça d'une bien trop grande condescendance pour tout ce qui n'est pas queer, voir même, tout ce qui n'est pas l'auteur (qui réussit même à plutôt sauver l'homme hétérosexuel et à tomber à bras raccourci sur les femmes hétérosexuelles - le passage sur la femme occidentale blanche bourgeoise devenue au 21e siècle la copie carbone de l'homme dénoncé par Valerie Solanas dans le Scum Manifesto est absolument évitable). Cette injonction à une sorte de conjonction globale vers l'inéluctable fluidité, cette manière de vous exprimer la ringardise quasi criminelle de ne pas en être, m'a fatigué, le ton sentencieux m'a fatigué, le langage post foucaldien post deleuzien bien pesant m'a crevé,  la pseudo théorie pharmaco-politique qui soutient le tout m'a paru franchement plate. J'ai aimé les étranges scènes de sexe/intensité avec Virgine D., qui est/fut son amante. Me suis presque fait assassiner par G. pour avoir exprimé ce non enthousiasme absolu. Hé. pardon. ce livre m'a surtout semblé une affaire bourgeoise élitiste adressée à un micro-groupe d'hyper-entre-soi présentée comme une révolution globale en cours. Hé je lirai peut-être d'autres textes plus tardifs de PP, celui là est assez ancien (2005). (Cette photo est absolument honteuse, yes.)