Ai (11)
Ai lu Héritage et fermeture de Emmanuel Bonnet, Diego Landivar et Alexandre Monnin. Lecture de recherche. Nombreuses excellentes et pragmatiques idées quant à la très complexe procédure de débranchage des infinis réseaux techniques/capitalistes nécessaires à une nouvelle société. Héritage : hériter du monde meurtri avec tous ses "communs négatifs", penser cet héritage, ces objets qu'il faudra bien se coltiner (les centrales à charbon, nucléaires, les infrastructures obsolètes etc), fermeture : trouver des moyens de fermer ces grandes lignes de dépendances globalisées et technologies dites "zombies" sans détruire les vies de ceux qui en dépendent - c'est là pour moi une extension bienvenue de mes recherches morrissiennes/écosocialistes etc... Les trois auteurs pensent ces diverses étapes de lutte contre l'anthropocène dans un pragmatisme total vis à vis de ce qui est là, sans rien jeter d'un revers de la main au nom de l'idéalisme, sans rien oubllier en se disant qu'on règlera la question plus tard. Il y a là un matérialisme absolu que je trouve très sain, qui ne peut surtout pas, jamais, être l'ennemi de l'utopie. Sinon ce livre est horriblement jargonnant, parfois jusqu'au pénible et mériterait vue la qualité de ses idées d'être réécrit de part en part. Ni fait ni à faire (surtout la deuxième partie sur les organisations). C'est un texte de sociologue adressé à des sociologues plein d'un lexique para-latourien d'acteur réseau et autres machins conceptuels dont je ne suis en plus pas sur de l'utilité - un vocabulaire glacial et lourd qui finit par obscurcir ce qu'il doit éclairer (sans parler qu'il commence à me courir sur le haricot).
