Ai (14)

 


Ai lu Paname Underground de Zarca, qui trainait chez Philippe (est-ce moi qui le lui ai offert l'année dernière ?), chez qui je squatte pour quelques jours. J'ai rencontré Zarca au Paf, mon couvent préféré, où je séjournais en aout dernier, je voulais je me souviens mettre les bases d'un petit roman - que j'ai abandonné parce qu'il parlait un peu trop de mon passage à la cinquantaine, qui me terrifiait, mais dont un personnage a réussi à survivre et m'occupe toujours ces temps-ci. Il était très concentré sur son travail, Zarca,  et parlait ce que j'appellerai un argot hyper-léché, un argot riche, coloré, un genre de bombardement d'urbanités modernes qu'il partage avec son grand pote l'éditeur Geoffrey LG. J'avais toujours rien lu de lui. C'est fait et c'était bien. Idéologiquement c'est la catastrophe mais Zarca il s'en tamponne de l'idéologie. ça m'a furieusement fait penser à Leo Mallet, plus encore qu'à San Antonio qui semble être son modèle. La brutalité  gratuite est là partout pour asseoir la street cred' et j'avoue me lasser de ce genre de ficelles (qu'on retrouve bien nues chez un Ellroy par exemple) : c'est ma malédiction, je suis un boyscout. N'empêche la langue de Zarca est comme on me l'avait promise, vraiment épique, dégoulinante,  percutante,  drôle. Et donc oui a star, au moins a writer, pas un peigne culs du 6e arrondissement, is born, c'est clair.  Quant à mes 50 ans, à la sénilité, à la collision inévitable avec les tâches de vieillesse, on peut même trouver dans cet auguste recueil de quoi philosopher un peu avec ses amis, ses muses, ses pairs : vie de merde pour vie de merde, autant la tenter à la one again