Ai(15)
Ai lu Le plongeur de Stéphane Larue. La photo est mise au point sur la truie, Ginette, qui se grattait merveilleusement le cou contre le poteau de l'enclos, raou! ça avait l'air d'être tellement bon. Ginette nous aimait bien, elle mangeait de tout Ginette, des crevette jusqu'aux noyaux de pêche, elle n'aimait pas trop en laisser pour les chèvres et les poules par contre. Forte personnalité, Ginette. Le livre est très bien, le récit sous pression d'un plongeur à Montréal au début des années 2000. Plein de joual et de joies de la défonce de la jeunesse, très bien posé sur sa non-réflexion politique, son constat halluciné sur le travail, avec ce truc un peu à la Lyotard où l'ouvrier aime donner son corps à la productivité folle et se vautrer dans la fange et sacrifier sa vie à la cadence, au défi que lui porte la quasi impossibilité de sa tâche de Sisyphe de la récure. L'ambiance du restaurant très bien rendue, m'a semblé très juste. L'époque aussi, que j'ai après tout un peu connue... Offert à mon neveu, en guise d'avertissement pour sa future carrière de pâtissier, mais le lira-t-il ?