Lectures des dernières semaines (auquel il faudrait rajouter trois livres sur la musique téléchargés et lus pour la réédition de chaosphonies, des trucs semi académiques, en anglais, Babbling Corpse, pas mal, Drone and the Apocalypse, très bien, et un autre de la même autrice que le Drone sur la noise, moins bien...). Qu'est-ce qu'une vie bonne de Butler essaie de répondre à la question d'Adorno (il n'y a pas de vraie vie dans la fausse) et le fait de manière à peu près claire quoi qu'un peu sèche dans sa langue. Lu avec intérêt, sans enthousiasme délirant. Un conseil de JB. Le Hemingway m'a plu. Beaucoup. Plus que j'aurais cru. C'est très désespéré et peut-être un peu répétitif. On a mal au foie rien qu'à le lire. Tenesse Williams j'ai aimé. J'ai jamais réussi à le prendre au sérieux cela dit. Quelque chose dans son style me repousse clairement. Un genre de maniérisme autocentré, je ne suis pas sûr. C'est tout un New York des squatt et de la bohème hard core, qui je suppose a à peu près disparu. J'aurai peut-être bien du lire celui là en anglais, même su je ne trouve pas la traduction mauvaise non plus. Celui qui est à l'envers, c'est Marise Condé, Moi Tituba, sorcière. J'ai été surpris par le style un peu rédac de cinquième parfois ("elle avait les cheveux noir de jais") mais c'est pourtant souvent très bien écrit. Je suppose que c'est fait exprès, pour trouver une langue qui parle à tous et dépasse le temps, quelque chose du genre. L'histoire du procès de Salem est passionnante, c'est certain. J'avoue n'avoir pas été remué plus que cela malgré un début vraiment prenant. Le tragique de l'histoire, la vie d'une esclave, malmenée, forcément, fait que tu t'accroches mais je suis resté quelque peu distant, et en éprouvais une vague honte. Faulkner je crois que j'en ai déjà parlé, je l'ai fini, c'est un livre énorme, un des plus importants que j'ai lu depuis longtemps, c'est confirmé, même si je regrette parfois une langue un peu trop difficile. Le Walter Benjamin est un "introducing", une intro illustrée de la collection américaine que j'adore, qui m'avait fait me lancer dans mon projet d'éditeur. Je l'ai trouvé chez un libraire/bouquiniste en plein air au fin fond de Neukölln. Un anglais. qui est là sur la même place tous les dimanches, qu'il pleuve ou qu'il vente et étale ses bouquins derrière des plastiques transparents, une fois non fiction, une fois fiction. -Je lui ai dit que je l'aiderai à classer ses livres en français, il en a plein, planqué dans l'arrière salle d'un petit théâtre pour enfant dont il a l'air de s'occuper aussi, mais ne l'ai pas encore fait, ça fait déjà bien un mois.... A mon retour, peut-être. Je suis idiot de ne pas suivre ce genre de pistes qui t'invite à rencontrer des gens gratuit. Le Fanon, L'an V de la révolution algérienne, j'ai un mal fou à le lire. C'est un texte de guerre, très dur, très difficile à suivre parfois, parce que j'ai un peu de mal à réaliser le monde de la colonisation française et qu'il ne fait ni dans le détail ni dans la fioriture, il fait de l'idéologie, il lutte, il pose des mots pour se battre. J'ai aussi commencé Nedjma, de Kateb Yacine, que je trouve très très impressionnant (et dur...), et qui parle de la domination française (pas encore de la guerre...) de l'intérieur,avec une langue vraiment à même la peau, à même la caillasse, à fleur de tout. A suivre. J'ai acheté tellement de livres à Paris que je suis perdu. J'ai lu l'essai sur les contes de fées de Tolkien (acheté à l'expo William Morris), L'âge de l'ersatz de William Morris, que j'avais déjà lu mais pas en français, et surtout dans cette superbe édition de l'Encyclopédie des nuisances, que la dame m'a emballé dans du papier de soie, et un Joseph Roth, La fuite sans fin, qui commence très très fort mais s'endort un peu en son milieu. L'histoire d'un prisonnier de guerre qui s'échappe en Sibérie à la fin de la première GM, et est rattrapé par l'histoire et fait la révolution et a de multiples amours dans la Russie rouge, puis rentre à Vienne... Le style très fantasque, porté sur des détails insignifiants et ne s'intéressant qu'à peine aux grands événements (comme la révolution) à part comme un très léger bruit de fond, est assez déstabilisant. Il y a là quelque chose comme un rythme très intéressant de la langue, un peu moqueur, distancé, mais c'est assez frustrant. Roth a plus à dire sur les cols de chemises des bourgeois de Vienne que sur la police secrète soviétique (qui pourtant est bien là)... je reste dubitatif mais intrigué, et même plus, j'en lirai un autre (celui là je ne peux pas le finir je l'ai lu à moitié pendant deux insomnies d'affilée chez Philou, mais je pars ce midi. Je suis épuisé...). David S, avec qui je travaille Zweig m'en avait parlé, parce que Zweig lui a consacré plusieurs articles, qu'il avait traduit. A paris sous la librairie le genre Urbain rue de Belleville, Louis m'a fait découvrir un vendeur d'occasion assez magnifique, avec beaucoup de choses, des prix vraiment honnêtes. Lui ai acheté un livre sur Baudelaire et Sade, et un autre sur la langue parfaite (Umberto Ecco).
